Comme je l’ai dit, nous ne restons pas ici, nous devons être à Penang demain soir. Alors il nous faut reprendre la route. Mais nous avons quand même choisi de faire une étape. En regardant un peu les villes sur le trajet et les offres de logement, nous avons opté pour une pause à Gua Musang au nord-ouest du parc et quand même un peu plus de 3h de route. Oui car il faut ressortir en roulant sur nos pas avant de faire le tour de la forêt.
Sur le chemin, commence à se manifester une petite faim. Nous trouvons un village avec quelques commerces. Il est déjà tard mais un petit bouiboui est encore ouvert. Le temps de manger un Nasi Goreng Ayam. C’est le même plat qu’en Indonésie. Littéralement riz sauté au poulet. Accompagné d’un thé glacé maison le tout pour 3€.
Nous voilà arrivé à notre étape qui est une sorte de Motel très récent. D’ailleurs, tout le quartier est fait de ce type de logement. Il semble que la ville soit en plein boum démographique. Il doit y avoir beaucoup de nouveaux travailleurs. J’ignore si c’est pour les champs de palmier, une mine ou quelque chose comme ça. En tout cas la chambre est plus que correcte surtout que nous ne payerons que 20€ la nuit.
Et nous voilà arrivés à Kuala Tahan, dernier village avant la jungle. Il tire son nom de la rivière Tahan qui vient ici rejoindre la rivière Tembeling. Un panneau nous oriente vers un grand parking presque vide. Nous pouvons tranquillement choisir notre place à l’ombre. En conclusion, il est donc très facile de venir jusqu’à l’entrée du parc en voiture. Tout semble fermé autour de nous. Nous demandons quand même, à des jeunes qui s’abritent du soleil à l’entrée, où nous devons payer. L’un deux se lève et s’apprête à pointer du doigt l’une des boutiques mais les rideaux sont fermés alors il termine son geste par un haussement d’épaule. Bon et bien on va considérer que c’est gratuit hors saison et nous nous dirigeons maintenant sur la rive du Tembeling. L’entrée est sur la rive opposée. Il faut donc traverser en bateau. Nous venons de croiser une sorte d’office de tourisme mais c’était là aussi fermé. Nous nous demandons alors un peu comment s’organisent les traversées pendant que nous descendons vers le ponton. Mais j’ai vite l’impression que c’est à la bonne franquette ici. Je fais signe de la main à un batelier qui s’apprêtait à partir. Il me fait comprendre qu’il nous a vu et qu’il nous attend. Nous grimpons et déposons un petit billet dans une jarre disposée au centre de l’embarcation. Ce n’était pas plus compliqué. A l’entrée du parc se trouve un petit complexe hôtelier de plusieurs bâtiments en bois très sympa. On y vient en effet souvent pour 1 ou 2 nuits et la présence de l’hôtel permet de faire des sorties nocturnes. Ou alors on part en expédition avec un guide sur plusieurs jours. J’imagine qu’il y a des refuges dans le parc pour ces expéditions. Mais nous nous n’avons pas beaucoup de temps. Nous devons reprendre la route ce soir. Et de toute façon, nous n’avions pas l’intention de crapahuter des jours entiers. Nous voulons juste faire une petite promenade et grimper dans la canopée avec l’attraction pont suspendue. Il faut donc se rendre à l’accueil pour acheter ses billets. Un billet pour l’accès au parc et un billet pour l’accès à l’attraction, ce qui fera en tout 3,47€ par personne. Ils en profitent pour prendre vos identités et coordonnées des fois qu’un tigre vous embarque. La visite est ensuite très simple car un chemin en bois sur pilotis est construit pour vous guider. Ça évite de marcher dans la boue après la pluie ou de se faire attaquer par un scorpion. Attention quand même, le chemin est parfois sectionné par la chute d’un arbre. Ce n’est donc pas non plus accessible aux personnes à mobilité réduite. Sur le trajet que nous avons choisi, je ne me sens pas perdu dans les bois. Nous suivons la rivière et même si on ne la voit pas et ne l’entend pas, on le ressent. Donc avec ce sens de l’orientation, je n’ai pas l’impression de vraiment m’enfoncer dans la jungle. Mais cette balade suffit quand même à nous offrir différentes ambiances sonores et à croiser quelques bestiaux tel que des varans, des argus géants (sorte de faisan pas du tout discret), un écureuil Callosciurus caniceps. Enfin je n’en sais rien hein. Je fais comme si j’étais biologiste mais je regarde juste sur internet qu’est ce qui vit là bas et peut donc correspondre avec ce que j’ai vu. En tout cas, ce n’était pas un tigre.
Je vous laisse avec les images pour profiter de ce moment de tranquillité d’autant que nous ne croiserons presque personne.
Ça y est. Cette fois-ci nous y sommes, c’est le jour du départ. Nous nous rendons à la réception de l’hôtel pour le check-out. Le réceptionniste nous demande en rigolant s’il doit prolonger notre séjour. Mais non, cette fois nous avons bien une voiture qui nous attend. Enfin en tout cas, nous l’espérons. Une fois arrivé à l’agence Hertz Kuala Lumpur Downtown, c’est bon, la voiture est bien prête. Nous pouvons remplir les papiers. Il est nécessaire d’avoir un permis de conduire international pour conduire en Malaisie. La demande se fait sur le site de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés, ANTS. Mais attention, il faut s’y prendre bien à l’avance (au moins 3 mois). J’en profite également pour leur demander comment se procurer la carte pour les autoroutes. Car ici le paiement se fait exclusivement via une sorte de carte à crédit. Un peu comme la carte du métro Suica au Japon. Au début, elle m’explique qu’il faudra l’acheter dans une station service. Je commençais à voir venir la galère. Mais son collègue a trouvé une de ces cartes « Touch’n Go » qui appartient à l’agence de Penang où nous allons. Il nous la confie donc pour qu’on l’y ramène. Elle a quelques euros de crédit dessus ce qui nous permettra de rentrer sur l’autoroute. De ce que je comprends, cette carte est devenue rare car aujourd’hui c’est dématérialisé sur l’application mobile. Et il faut alors un numéro de téléphone local pour créer un compte. Raison de plus pour acheter une SIM sur place. Mais bon, c’est encore plus simple quand l’agence fournit la carte :).
Nous voici maintenant en possession de notre superbe Proton Persona 3e génération. Nous roulons donc local 😊. Il nous en coûtera 190€ pour 72h. Soit environ 50 € par jour plus la taxe de 50€ pour le dépôt dans une autre agence ce qui est le prix ma foi plutôt normal pour une location.
Direction maintenant la jungle, mais en parlant de jungle il faut déjà quitter Kuala Lumpur. Mais c’est finalement plutôt simple. Il y a beaucoup de grands axes donc nous sortons rapidement. Et personnellement, cela ne me dérange pas du tout de conduire à gauche. Surtout avec le volant à droite (c’est un peu plus déstabilisant avec sa propre voiture en Angleterre). Le cerveau fait tout de suite le rapport, volant à droite donc conduite à gauche. En plus, par chance, ici le clignotant est quand même sur le commodo de gauche. Parce qu’au Japon, j’avais un peu tendance à lancer les essuie-glaces dans tous les virages 😄. Pour le vitesses, évidemment c’est une automatique. Il me semble bien trop risqué de gérer un levier à l’envers. De toute façon, ils ont l’air de n’avoir que des automatiques ici.
Une fois sortie de la ville, nous prenons l’autoroute vers l’est. La limitation est de 110 km/h sur autoroute, 90 en dehors et 60 en ville. Tout au long de notre périple, nous avons croisé beaucoup de boîtier qui s’apparente beaucoup à des radars automatiques. Et parfois des panneaux bien explicites. Mais pourtant les gens ne semblaient pas vouloir ralentir devant eux (ils roulent souvent à plus de 110). Était-ce des coques vident ? Une autre fonction ? Nous ne le saurons pas mais nous n’avons pour autant jamais pris le risque d’essayer. Mais avant de prendre de la vitesse, nous nous arrêtons sur la première grosse aire d’autoroute afin de créditer notre carte Touch’n Go. Nous mettons moins d’une dizaine d’euros dessus ce qui suffira largement pour les 800 km que nous allons faire (pas que d’autoroute). Il y a quand même pas mal d’aires de repos avec des services. Globalement leurs autoroutes sont plutôt bien.
La route se consomme donc très bien et nous arrivons rapidement à Jerantut. Comme je l’ai expliqué hier, nous n’aurons malheureusement pas le temps de prendre la pirogue, il nous faut donc continuer en voiture. J’appréhendais un peu cette route. Me disant que si les touristes s’arrêtent habituellement ici, c’est qu’il est compliqué de poursuivre. Mais finalement pas tout, la route est toute neuve. Par contre pas très passionnante car nous traversons les cultures de palmier pour l’huile de palme. Déjà depuis l’avion en arrivant, nous ne pouvions pas le rater, c’est la culture principale ici. Heureusement qu’il y a des parcs comme celui que nous nous apprêtons à visiter pour préserver la biodiversité.